De la couture à la mode…

Coucou les nomades !

Je préviens ce post est long et ne contient pas de photo…

Je reçois de temps en temps des mails me demandant quel parcours pour devenir créatrice de mode, quels livres pour débuter la couture, comment faire cette retouche, comment j’ai fait pour défiler à New York, comment créer sa marque… Ce genre de questions.

Je ne suis pas une experte loin de moi sérieux… Mais je vais essayer de répondre comme je peux. Je répète, je ne suis pas une experte, jene sais pas tout donc si vous connaissez mieux, s’il vous plait, laissez nous un commentaire détaillée.

J’ai suivi une formation dans un lycée professionnel, BEP Métiers de la Mode et Industries Connexes (MMIC) qui nous a apprit le moulage, la création de patrons à plat, la technologie des matériaux, la couture évidemment et déchiffrer les feuilles de production. Quelques années plus tard, j’ai suivi une formation intense de teinture naturelle à l’école N’domo de Ségou au Mali puis un autre stage encore plus intensif  et beaucoup plus approfondi de teinture en cuve / teinture naturelle et techniques d’impression textile au centre “Les couleurs du Sahel” à Ouagadougou, Burkina Faso. J’ai ENORMEMENT apprit dans ces 2 structures, surtout à Ouaga oú je suis restée plusieurs mois. J’ai enchainée à peine sortie de l’avion venant de Ouaga par une prépa mode à L’institut Supérieur des Arts Appliqués (LISAA) à Paris. Gros décalage ! je suis arrivée à la rentrée en pagne et baskets. True story… Je n’ai pas continué après la prépa car mon coeur et ma personnalité ne s’adaptaient pas à cet environnement compétitif  et j’ai préféré travailler sur mes projets caritatifs pour l’Unesco qui m’apportaient plus de bonheur. Sans compter le coût des études (8000€ l’année pour être dans un environnement qu’on apprécie pas c’est moyen…) et la vie parisienne que je n’aime pas trop… Cependant, je recommande la prépa mode très, très enrichissante oú j’ai découvert mon style et ai fait jaillir l’afrique qui sommeille en moi, ma bestialité tribale et ma sensibilité. J’ai rencontré des profs supers et ai lié de réelles amitiés. Ah et j’ai découvert Florence, Italie et l’histoire de l’art !! J’ai adoré et espère pouvoir suivre d’autres cours d’histoire de l’art. Après cela, j’ai cherché des stages, boulots en rapport avec mes études, c’est ainsi que je me suis retrouvée à Londres pendant 8 mois entrecoupé.  L’été dernier j’ai suivi une formation en modélisme, fashion illustrator, computer patternmaking (création de patrons assisté par ordi) technical design et fashion business à la FIT en summer class à Manhattan et l’école au grand coeur Soul collection, à Brooklyn. Je conseille vivement les summer class dans les grandes écoles de mode New Yorkaise. Vous allez pleurer votre mère mais alors vous allez apprendre vitesse grand V !! J’avais cours 3/4 jours par semaine selon le programme et je croulais sous le boulot ! A ça si vous avez la gnaque, les profs vous aident pour trouver une entreprise pour faire un stage (internship) ou vous aide à trouver un mentor. Fashion school and New York c’est quand même le rêve de la modeuse. J’aimerai retourner en cours aux US pour apprendre la mode bio/éco et approfondir mes nouvelles connaissances en technical design. Croisons les doigts !

Pour créer ma marque, j’ai choisi l’option auto-entrepreneur que je ne recommande pas. Il vaut mieux se renseigner sur toutes les options possibles quand on veut commencer comme petit vendeur. On m’a parlé de l’EIRL mais je ne me suis pas renseignée plus. J’ai protégé le nom de ma marque Masaari auprée de l’INPI, ce qui a coûté 200€.

Pour les retouches, je dirige les gens sur le net oú se trouve moult tutos vidéos. Il y a sinon un livre de Teresa Gilewska sur le sujet. Je ne le connais pas donc ne pourrais pas vous dire ce qu’il vaut. Je ne suis pas fans des livres de moulage et modélisme de Gilewska et ne les recommande pas, mais peut-être que celui-là est différent, comme celui de la création de robes de mariées qui est plutôt bien.

On m’a posé une fois si c’était “légal” de créer une ligne de tee-shirt avec des tee-shirt H&M par exemple. Je dirai si la marque n’apparait pas pourquoi pas. Mais sur certains site d’impression on voit clairement la marque du tee-shirt avec l’impression du designer, genre Type tee-shirt: Fruit of the loom, créateur: Julien Max. Au final, je ne sais pas, désolée.

Comment j’ai fait pour défiler à New York ? J’ai déposé ma candidature auprès de la Full Figured Fashion Week de New York et j’ai été retenue. Les frais pour la fashion week et déplacements ne sont pas prit en charge.

Pour financer votre marque pour pouvez faire un Kickstarter ( il faut disposer d’un compte bancaire US pour y accéder) ou sa version française Indiegogo. Renseignez-vous aussi sur les business angels qui financeront votre projet s’ils le trouvent interessant. Sur Genève renseignez-vous au cercle des américains de Genève. Sinon ben, on fait un prêt…

Pour débuter la couture franchement je ne sais pas. Il faut s’entrainer encore et encore à faire des lignes droites, puis courbes, des carrés etc… Jusqu’à la maîtrise du point et de la machine. Pour débuter en modélisme (coupe à plat) je conseille vivement “Technique de coupe” de Line Jaque. Je n’ai lu que la première partie mais jusque là TRES TRES BIEN !! Je l’ai découvert tard, il y’a quelques mois, acheté sur le site de Lavoisier. J’ai aussi “Coudre vite et bien” du même auteur. Je possède aussi “Coupe à plat dames” de Jacqueline Chiappetta, bien aussi. Mais vraiment, si vous voulez apprendre comme si vous étiez en cours, un seul livre, “technique de coupe” de Line Jaque !! Je ne conseille pas modélisme 1 et 2 de Gilewska… Celui sur le moulage du même auteur est assez moyen et pas assez clair pour les débutants, mais étant le seul ouvrage sur le moulage, il vaut un coup d’oeil. Je cherche encore un bon livre de moulage si vous en connaissez un, laissez le titre en commentaire.

Il existe des cours en ligne pour la couture. Je ne sais pas trop ce qu’ils valent. J’en connais un très très bien mais il est en anglais. Il m’a bien aidé quand je recommençais la couture il y a quelques années et que je manquais de confiance en moi  pour la construction des patrons. Esewingworkshop, c’est son nom, est excellent. Il couvre même les points de broderie et les bases de tricot ! Neszhat, la prof, est adorable et répond à toutes vos questions très clairement. Les vidéos sont très bien faites et claires. Si vous comprenez l’anglais, je vous le conseille vivement. C’est 15$ par mois en accès illimité à toutes les vidéos. Il y a une partie gratuite mais qui ne sert pas à grand chose puisque pas accès à toutes les vidéos… Je l’utilise toujours quand j’ai une panne niveau broderie.

La couture et la confection c’est simple mais sont une question de temps et surtout de patience. Il faut comprendre le corps et se donner et prendre le temps. C’est beaucoup de maths et de logique. Pendant mes années de BEP, je ne comprenais rien mais rien aux modifications de patrons et au moulage ! J’ai eu la change d’être l’assistante d’une créatrice originale et extrêmement sympathique dans la vallée de Munster en alsace, Katell Lutz. C’est là que tout s’est mit en place. Elle m’a tout expliqué et surtout a prit le temps de me montrer le processus, step by step et j’ai eu un déclic. Tout s’est mit en place d’un coup. Tout cela n’est que de la géométrie et de la logique.  Mais ça demande du temps, beaucoup de temps pour penser le patron, penser le corps, coudre, découdre, râler, pleurer parce qu’on en peut plus, découdre encore, passer les journée le dos courbé, avoir mal aux fesses, aux jambes, se planter des épingles à longueur de journée, s’asseoir sur un ouvrage plein d’épingles, et surtout foirer ses ouvrages ! Mais quand on aime et qu’enfin on voit le modèle tenir la route sur le mannequin, tout cela est dérisoire. Perso, j’apprends un peu tous les jours la technique de coupe et moulage car le BEP n’apporte que les bases et quelques mofifications de patrons, LISAA n’apprend rien en prépa niveau couture, c’est de la débrouille aidée de feuille explicative pour faire un patron. J’aimerai bien être genre une artiste de l’imprimé et du tissu et créer des oeuvres d’art. On en loiiiin ! Mais j’ai la foi. En ce moment je n’ai plus trop le temps mais j’ai apprit presque tous les points main couture avec une mamie du village et quelques techniques de haute-couture avec un livre “Couture sewing” de Claire Shaeffer que nous devions acheter en cours à NYC. Les livres en anglais sont une mine d’or pour celle qui souhaitent apprendre à coudre. A New York, nous travallions aussi avec le textbook “Patternmaking for fashion design” d’Helen Joseph-Amstrong, je le conseille vivement ! Mais il vous faudra quelqu’un pour vous expliquer le pourquoi de la chose car c’est juste comment dire, un manuel qui vous dira comment faire un patron mais pas pour quoi on fait si, comment faire si à l’essayage ça ne tombe pas correctement. Aucun problème d’exécution n’est abordé, c’est le gros défaut des livres du genre. Il est assez cher, j’avoue mais il vaut l’investissement. Il n’existe qu’en anglais et parle en inches pas en centimetres. Mais bon, il y a bien une appli convertisseur dans vos téléphone je suis sûre !

Enfin mon dernier conseil est celui-ci, être couturière n’est pas être créatrice de mode et inversement. Il faut se documenter et apprendre tous les jours, tout le temps, pour être un minimum compétente en couture, modélisme et connaissance de la mode. Visiter les musées, les galeries gratuites, rencontrer des artistes, squatter les bibliothèques, achetez des magazines, surfez sur le net pour voir tout ce qu’il se fait, voyager, visiter les quartiers indiens, chinois, russe, cultivez vous et nourrissez votre esprit ! Goûtez aux plats du monde, les différentes saveurs. Dessinez, chantez, peignez, faites de la patisseries, révélez le top chef qui est en vous, construisez des pyramides, faites des équations pour le fun si c’est votre délire (j’ai connu des geek matheux, trop chelou lol !), marchez sous la pluie, courez tout nu dans la rue (sisi, c’est possible à San Francisco !) éclatez vous !  Et enfin ne faites pas comme moi à vous laisser envahir par la panique ou le stress. Tout est en nous, tout le savoir dont nous avons besoin. Si vous le voulez vraiment, vous conduirai vos pas et vos recherches là oú se trouvent les réponses dont vous avez besoin. On respire profondémment et on laisser aller. La glace au nougat ou au Mars, c’est pas mal aussi, 🙂

Voilà mes nomades, cette fois je crois vous avoir tout dit ! Suivez vos rêves, un pas après l’autre. La vie est trop courte !

Much love !

*EDIT: j’ai testé aussi Etelestia formation en ligne, c’est nul… Gardez vos sous pour de bons livres. Je suis en ce moment une formation de design textile chez “Lignes et formations” c’est pas mal pour le moment. Je conseille. J’ai apprit la broderie avec ma grand-mère et au Resto du coeur de Soultz qui donnait des cours le jeudi. Si je devais conseiller une seule école de mode, je dirai sans hésiter “L’atelier Chardon-Savard”. Sachez aussi que souvent on demande le bac pour entrer en école de mode. J’en ai discuté avec la directrice de Chardon lors de mon entretien en lui expliquant que c’était pour ça que j’avais fait une prépa mode. Elle m’a dit que dans leur école, ce n’était pas la peine et que tout se joue sur dossier. S’ils aperçoivent votre talent, votre créativité et votre motivation vous serez admis. Bon c’était en 2008, renseignez-vous si c’est toujours le cas. J’ai été admise à Chardon sans le bac, juste mon portofolio. Mais c’était en fin d’année de prépa donc je ne sais pas du tout ce que j’aurai valu sans cette prépa mode… Mais pour le coup je devais repayer les 3 années de Chardon un peu plus chères que LISAA, et c’était un peu trop pour les finances. Dommage, j’aurai prit sur moi la vie parisienne tellement cette école est extra et les profs au top ! Une autre école à très, très bonne réputation est “La chambre syndicale de la couture parisienne” aka “La chambre”. Mais là si t’as pas ton bac tu ne rentres même pas un pied ! Comment te dire comment je me suis faite jeter… Pas haute-couture du tout ! 🙂 En tout cas je pense que l’enseignement y est exceptionnel.

Bon cette fois j’ai tout dit et corrigé toutes mes fautes de frappe… N’hésitez pas si vous avez d’autres questions !

Love

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6 thoughts on “De la couture à la mode…

  1. Superbe témoignage !!! Merci pour tous ces précieux conseils… Moi clairement, je n’ose pas pour le moment… Mais j’espère vraiment un jour franchir le cap 🙂

  2. Bonjour, super article! J’aimerai savoir quel est la différence entre couture pour grandees taille et taille normale. Et si dans les livres mentionnés on apprend a coudre pour les grandes tailles. Merci

    • Bonjour, très bonne question… Les différences entre la couture grande taille et moyenne taille est le travail du tombé du vêtement et les modifications apporté aux vêtements de base qui sont travaillé en T40. Une autre réflexion doit être entreprise pour la création de modèles grandes tailles et prendre en compte toutes les problématiques du corps corpulent. Avec les livres cités il est tout à fait possible de créer pour les grandes tailles !

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